Culture

Givors, place forte de la Révolution industrielle

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Le verre

Givors est une ville de labeur. Dès le XVIIIè siècle, de par sa position stratégique à la confluence du Rhône et du Gier, Givors s’affirme comme un centre de commerce important. Puis, au début du XIXème Siècle, Givors devient actrice de la Première Révolution industrielle.

Les premiers maîtres verriers s’implantent dans cette petite ville, séduits par l’emplacement, près de Lyon, par les voies de transport, par la matière première présente : charbon de la vallée du Gier, le sable des cours d’eau….

5Fi_1812_VerrerieDouchAinsi, Michel Robichon et Joseph Esnard sont les premiers maîtres-verriers autorisés par Arrêt royal du 10 mai 1749 à installer la verrerie royale de Givors.

La « verrerie », usine dans laquelle de nombreux givordins ont travaillé, est le fruit d’une histoire riche de fusions, rachats et développements. Cette histoire est intimement liée à la généalogie de familles ancrées sur le territoire.  Quelques dates sont à retenir ici :

  • En 1864 : la cristallerie May, située dans le quartier de la Freydière, est achetée par Jean-Baptiste Neuvesel et Jean-Baptiste Momain. C’est la naissance des Nouvelles Verreries de Givors.
  • Un peu plus tard, Fleury Neuvesel, le fils de Jean-Baptiste, rationalise davantage la production. Il dote en effet l’usine du four allemand Siemens et organise le travail en trois brigades de huit heures (les 3X8)
  • En 1908, Eugène Souchon, beau-frère de Fleury Neuvesel, est à l’origine d’accords signés avec Evian en 1910, puis avec Badoit, Vittel et Vals.
  • Dans les années 1930, la concurrence avec Saint-Gobain s’accentue. Mais  un accord est finalement signé entre Saint-Gobain et Souchon-Neuvesel (1936).
  • En 1966 : La verrerie Souchon- Neuvesel prend le nom de Boussois – Souchon -Neuvesel (BSN) lorsqu’elle fusionne avec les glaces Boussois. Le groupe BSN, se spécialise alors dans le procédé du verre flotté « float glass » : l’industrie verrière givordine entre ainsi, en abandonnant le procédé du verre plat, dans le domaine de l’industrie lourde.
  • Les années 1970 / 1980 donnent à BSN l’opportunité d’accroître son influence internationale. Les fusions se succèdent : en 1973, BSN fusionne ainsi avec le groupe Gervais-Danone-Panzani, puis avec le groupe des Verreries mécaniques champenoises (VMC).
  • En 1999 , le Groupe BSN Glasspack, filiale d’emballage du Groupe Danone, est constitué. Mais le groupe verrier s’endette peu à peu, la gestion financière de l’entreprise met progressivement les emplois du groupe BSN-VMC en péril.
  • C’est en avril 2001 que le groupe BSN Glasspack annonce la fermeture de VMC : 468 emplois disparaissent. Les givordins organisent leur résistance : les grèves et manifestations se succèdent.
  • En 2003, le 31 janvier, sur décision de BSN-Glasspack, la verrerie de Givors ferme définitivement ses portes.

L’industrie du fer à Givors…les exemples de Prénat et Fives-Lille

La Sidérurgie est aussi largement représentée à Givors. Les usines Prénat et Fivez-Lille font partie de la vie givordine et nombre de givordins peuvent aujourd’hui dire que l’un de leurs parents, grands-parents, aïeul travaillait « chez  Fives », ou « chez Prénat ».

JMD_Fives_Ensemble des ateliers de Fives-Lille_1930Fives-Lille

En 1861, la société Fives-Lille située à Lille dans le quartier de Fives, s’implante à Givors. Entreprise de construction mécanique, Fives-Lille est à l’origine de la réfection de la première ligne de chemin de fer française allant de Lyon à Saint-Étienne. Usine spécialisée dans la fabrication de locomotives et d’équipements de génie civil, ponts et viaducs, Fives-Lille emploiera jusqu’à 7000 ouvriers à l’apogée de la Première guerre mondiale.

Les sorties d’usines de Fives-Lille sont mémorables pour beaucoup de givordins qui parlent de l’usine comme d’« une ville dans la ville ».

Après la fusion en 1973 de Fives-Lille Cail et Babcock, l’entreprise devient Fives-Lille Babcock (FCB) et se place au premier rang de la mécanique lourde française. FCB cesse ses activités à Givors :  en 1980, l’atelier de Givors ferme, seul demeure le bureau d’études.

Prénat

5Fi_1832_Prénat_env1920En 1870, trois hauts-fourneaux sont montés à Givors. Ils appartiennent à la Compagnie des Hauts-Fourneaux de Givors – Etablissement Prénat. En 1910, ils produisent chacun jusqu’à 50 tonnes de fonte par jour. La compagnie possède également des ateliers de construction, ainsi des produits manufacturés sortent de l’usine telle la statue de la Vierge du Puy en 1860, réalisée à partir des plans de Bonassieu (23 m de haut).

Après la Deuxième guerre mondiale, les établissements Prénat réussissent à se relever des bombardements destructeurs de 1944 : des projets d’agrandissement sont à l’étude. Un peu plus tard, ces projets sont réalisés en même temps que la construction de logements sociaux pour les ouvriers.

En 1960, éprouvant toute la difficulté de s’adapter à la nouvelle donne économique, le secteur sidérurgie des Hauts Fourneaux Prénat ferme ses portes. La fonderie de 2ème fusion, quant à elle, continue de fonctionner avec ses 290 salariés, jusqu’en 1962.

D’autres usines sont également implantées à Givors, telle l’usine Berthiez. Créés en 1916, les établissements Berthiez constituent un autre symbole fort de la percée de l’industrie métallurgique à Givors. Ils sont spécialisés dans la fabrication de machines-outils et plus particulièrement dans la construction des tours verticaux.

L’importance de la main d’œuvre étrangère

L’implantation de la grande Industrie à Givors engendre rapidement un besoin important de main d’œuvre. Bientôt, la population locale ne suffit plus.

Les ouvriers qualifiés arrivent à Givors dès le début de l’industrialisation givordine.

  • De 1850 à 1911, ce sont les populations voisines qui augmentent l’effectif des ouvriers givordins : la main d’œuvre française attirée par l’offre de travail est issue en majeure partie de la région toute proche de Givors. Pour les autres, les ouvriers viennent des villes du grand Centre-Est :  Limoges, Aurillac, Marseille… Ces populations fuient soit les campagnes et le monde agricole pour s’enrichir, soit les villes et leur taux de chômage élevé.
  • Puis, de 1911 à 1939, ce sont nos voisins italiens et espagnols qui viennent chercher du travail en France, fuyant le chômage et la montée des fascismes locaux.

Les Italiens arrivent en majorité du sud de l’Italie, ceux-ci, dans leur large majorité, gonflent l’effectif du corps de métiers des souffleurs de verre. Les Italiens logent ainsi à proximité de la Verrerie, dans le quartier de la Freydière…celui que les givordins appellent encore aujourd’hui « le Quartier des Italiens ».

Les Espagnols, quant à eux, sont davantage affectés au tressage de l’osier autour des Dames-jeannes (grosses bouteilles de verre d’une contenance de 20 à 50 litres ; ces bouteilles sont souvent clissées, c’est-à-dire enveloppées d’osier). On note l’arrivée d’un nombre important de réfugiés politiques espagnols à partir de l’année 1936 (début de la Guerre Civile).

  • Enfin, de 1939 à 1980, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, la France accueille les ressortissants des ses anciens territoires d’Afrique du nord : Givors s’inscrit pleinement dans ce schéma.
Carte interactive Givors

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